Tribunal des Générations futures : le journalisme est-il mort ?
Le mercredi 31 janvier un Tribunal des générations futures tenait séance sur les ondes de France Inter, au studio 104 de la Maison de la radio. A l’heure des réseaux sociaux, quand l’IA entre à toute vitesse dans nos quotidiens et que la défiance grandit envers les médias traditionnels, le tribunal s’interroge sur la place du journalisme. Ainsi, après audition des témoins, un jury doit trancher une question simple : le journalisme est-il mort ?
« Vous parlez dans l’intérêt des générations futures.
Dites je le jure ! »
Tribunal des
génération futures ? Quesaco ? Un format qui adapte les codes d’une
salle d’audience pour débattre de sujets de société complexes de manière
ludique. Le tribunal est présidé pour l’occasion par la journaliste Mathilde
Serrell. Dans le rôle du procureur, Alexandre Kouchner, journaliste et
éditorialise chez Usbek & Rica, et dans celui de l’avocat, Thierry Keller,
journaliste et co-fondateur d’Usbek et Rica. A la barre, les témoins se
succèdent pour répondre aux questions de l’accusation et de la défense. Ainsi,
Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières et
président du Forum sur l’information et la démocratie, Paloma Moritz,
journaliste écologie et société chez Blast, Axel Beaussart (dit Tahzio ),
fondateur de Spotters Media, chroniqueur chez Mouv’ et Laurence Devillers,
professeure à la Sorbonne, spécialiste des questions d’intelligence
artificielle et d’éthique, on tenter de convaincre le jury pour qu’il tranche
la question au centre du débat : le journalisme est-il mort ?
Parmi les experts, tous semblent défendre l’idée que le
journalisme n’est pas mort. Christophe Deloire et Paloma Morritz argumente
quant au besoin de journaliste entre l’information et le public. Selon eux, il
faut vérifier l’information, la décrypter, la traduire avant de la diffuser.
Tahzio est quant à lui plus critique. Il considère les réseaux sociaux comme un
moyen fiable de s’informer sans journaliste. Mais il n’envisage pas pour autant
que le journalisme soit mort. Enfin, Laurence Devillers évoque la place
grandissante de l’IA dans le traitement et la diffusion de l’info et conclue
sur le besoin d’humains régulateurs pour contrôler les productions des robots.
Les machines ont encore moins d’états d’âme que les influenceurs…
Les débats se terminent et le jury se retire pour prendre sa
décision. Sans surprise, il tranche : le journalisme n’est pas mort.
Le format est efficace et divertissant, porté par des
intervenants compétents et drôles. Mais une fois la séance levée, on
s’interroge sur le choix des intervenants. Même s’il est posé en préambule que ce
tribunal fictif simule l’opposition du procureur et des détracteurs du
journalisme, on regrette le manque d’arguments qui défendrait la mort du
journalisme. Un propos visiblement difficile à soutenir pour des journalistes -
car tous sont journalistes sauf Laurence Devillers ! Même Thazio, censé incarner
une opposition, ne se résout pas à penser que le journalisme est mort. On en
vient donc à se demander si la question « Le Journalisme est-il mort ?
», n’était pas trop évidente pour simuler le débat. On chipote…
Jérémy Goubet

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