James Brown en petits morceaux
A l’occasion du cinquième anniversaire de la mort de James Brown, intéressons nous à ceux qui avaient commencé à découper le Godfather funky bien avant sa disparition en 2006. Car moult DJs ont échantillonné la musique de James, avec plus ou moins de réussite.
On a souvent lu et entendu que tel ou tel artiste de soul/funk/jazz était le plus samplé de tous. Des informations difficiles, voir impossible à vérifier. Dans le cas de James Brown, restons vagues et contentons nous d’affirmer avec conviction que le parrain a été énormément, mais alors très énormément samplé.
Parmi les morceaux les plus samplés de James Brown, le titre Funky Drummer a particulièrement influencé les instrus de rap dans les années 1980. La chanson, sortie en deux parties sur un 45 tours de 1969, produit par le label King records, a été rééditée en 1986 sur la compilation In The Jungle Groove. Le titre prend la forme d’un groove improvisé dans lequel les solos instrumentaux s’enchaînent (sax ténor, clavier) tandis que le patron motive ses musiciens avec quelques interjections dont il a le secret. Puis James Brown invite le batteur Clyde Stubblefield à envoyer un chorus de batterie. Sauf que dans son invitation, James précise au batteur qu’il n’a pas à faire de véritable solo. Il doit garder son beat et ne rien lâcher : "You don’t have to do no soloing, brother, just keep what you got… Don’t turn it loose, ‘cause it’s a mother". Puis le morceau revient sur le groove du début et le Godfather, impressionné par ce beat de batterie aussi simple qu’efficace, clame jusqu’à la fin du morceau : "The name of this tune is the funky drummer, the funky drummer…".
Le break de batterie de Funky Drummer a tellement été utilisé dans les intrus de rap de la fin des années 1980 qu’il a fini par devenir cliché et que les rappeurs l’ont peu à peu abandonner (pas tous). Puis comme souvent dans la musique, quand une mode underground fini par être dépassée, elle est reprise par des titre de pop, beaucoup plus commerciaux. C’est pourquoi, dans les années 1990, on retrouve le sample (ou des reprises du sample) chez George Michael, les Fine Young Cannibals ou encore Enigma.
Jérémy Goubet

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